Le plan d'urbanisme de Montréal

La Ville de Montréal a lancé au mois de mai 2004 le processus de consultation publique sur son nouveau plan d'urbanisme. D'entrée de jeu, le plan d'urbanisme affiche son adhésion aux principes de développement durable et déclare que «dans l'esprit du Protocole de Kyoto, le développement se fera de manière à accroître l'utilisation du transport collectif et des modes de déplacement non motorisés».

Pour la première fois, le plan d'urbanisme s'applique à toute l'île de Montréal – et restera légalement en vigueur sur tout le territoire, même si plusieurs anciennes municipalités ont choisi de quitter la grande ville lors des référendums du 20 juin dernier. Le plan reprend donc des orientations qui relevaient autrefois de la Communauté urbaine de Montréal et de ses 28 municipalités constituantes. Le processus de planification régionale sera couronné l'année prochaine, lorsqu'un premier schéma d'aménagement pour l'ensemble de la région montréalaise sera adopté par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). La Ville de Montréal prévoit en plus préciser ses orientations dans le domaine des transports en adoptant un Plan des transports, à paraître également l'année prochaine.

Si la proposition de la Ville fait une profession de foi en faveur du transport collectif, elle apparaît cependant extrêmement timide sinon d'un silence étonnant dans l'éventail des solutions nouvelles telles que les systèmes légers sur rail, qui connaissent un succès fulgurant dans la plupart des villes de France et même aux États-Unis. Avec beaucoup d'ironie, l'Association fait valoir que tout en préconisant la multiplication des voies réservées aux autobus, les autorités n'ont réussi qu'à fermer le corridor réservé aux autobus du boulevard Pie-IX il y a deux ans, la plus efficace des mesures préférentielles existantes. De plus, en dépit du fait que cela relève de sa juridiction, la Ville n'a pas réussi à mettre en place une politique de circulation et de stationnement qui puisse réduire les déplacements en automobile pour les orienter vers les transports collectifs. Au contraire, la population a dû plutôt subir des hausses de tarifs s'élevant à 15 % entre 2002 et 2004, tandis que le niveau des services reste inférieur à ce qu'il était avant 1994.

Pourtant, Transport 2000 a montré que la motorisation des individus demeure relativement faible à Montréal. Le nombre de véhicules de promenade (automobiles et camions légers) y est inférieur à 340 pour 1000 habitants. Or, bien que les résidents de Montréal affichent une longue tradition pour les déplacements à pied, à vélo et en transport en commun, il reste énormément à faire pour voir une véritable approche multimodale des transports dans la grande ville.

Dans le cadre de la consultation publique qui se déroule sous la responsabilité de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM), Transport 2000 Québec a déposé un mémoire faisant part de ses commentaires sur le plan proposé.